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J’ai toujours été fascinée par la manière dont la plasticité du réel gouverne les formes et les systèmes, par la question du « même autrement », et par les processus de perversion mutuels dont découlent les mécanismes de la survie.

Mes recherches sondent les ambivalences de ces mouvements et leurs enjeux, ce qui les fonde, ce qui les nourrit, ce qui les occupe, leur puissance vitale, subversive, créatrice, émancipatrice, destructrice et d’assujettissement mais aussi de (ré)invention. Au creux de ces intervalles troubles où s’entrechoquent les formes sociales, politiques, intimes et les transformations du vivant et du non vivant, j’observe les bouleversements du monde, ce qui lie les événements et les éléments, la valeur symbolique des espaces vacants, la cohabitation des états et leur puissance d’énonciation dans « l’ici et maintenant ».

Je déploie pour cela une pratique transdisciplinaire, dominée par les modalités de l’installation et de la performance, qui se concentre sur l’exploration formelle de la vérité de la représentation et de « l’entre », sur l’étude des équilibres, des tensions, des lisières, des rapports de force, sur l’expression du choc des temporalités et des états de réalité, ainsi que sur l’expérimentation des modalités et mécanismes de la transformation, au carrefour des positions.
Via ce protocole, je confronte les espaces labyrinthiques des désirs, des croyances, du contrôle, de l’oubli et de la résolution du rêve, dont je questionne la subjectivité et la révocabilité.
Cela aboutit à des propositions autonomes ou à des accrochages, des installations, plus complexes, agrégats lacunaires et mouvants, qui conditionnent les possibles au doute.

Les oeuvres se construisent un à un par la collecte, par l’accumulation puis par la mise en relation d’éléments et le geste. Les renversements symboliques, les états de la matière et le jeu sur la visibilité et l’obstruction se mêlent aux rapiéçages, colmatages, au réseau chaotique d’émissions, de réceptions et d’interférences, aux mécanismes de redondance et de rupture. S’y ajoutent des formes, objets, matériaux usuels chargés de mémoire collective que j’utilise tels quels ou dont je manipule la puissance polysémique et émotionnelle, ainsi que des interventions dans l’épaisseur et des entassements qui stratifient les plans de réel et de temps. Les titres, les mots naviguent en parallèle des oeuvres et usent des mêmes mécanismes. Plus ou moins interchangeables, sans cesse repris, sans cesse détournés ou tronqués, ils constituent une matière d’exploration à part entière et ajoute un plan d’incertitude à l’ensemble.
J’élabore ainsi pas à pas des représentations qui bouclent sur elles-même et entre elles et où le vide est palpable. Elles posent la question de la projection de soi dans un « exister » temporaire, devenu multiple, subjectif, équivoque, et d’autant plus vital qu’il est plus ou moins déréalisé. Fortement reliés à l’in situ, elles se développent en osmose avec le lieu dans lequel elles s’inscrivent, l’envahissent, l’interprètent et l’exploitent.

Le visiteur, quant à lui, se trouve projeté au coeur de ces « shakers » spéculatifs et instables, ces narrations en apnée, sans début ni fin, qui s’effritent, se délitent et se reconstituent sans cesse. Elles le confrontent à sa propre subjectivité, à faire l’expérience de la puissance des positions et de la fragilité de sa condition et affirment que l’impureté, la métamorphose, est la condition du vivant et le temporaire la seule forme de représentation possible du réel.



L.D / 2022
J’ai toujours été fascinée par la manière dont la plasticité du réel gouverne les formes et les systèmes, par la question du « même autrement », et par les processus de perversion mutuels dont découlent les mécanismes de la survie. Mes recherches sondent les ambivalences de ces mouvements et leurs enjeux, ce qui les fonde, ce qui les nourrit, ce qui les occupe, leur puissance vitale, subversive, créatrice, émancipatrice, destructrice et d’assujettissement mais aussi de (ré)invention. Au creux de ces intervalles troubles où s’entrechoquent les formes sociales, politiques, intimes et les transformations du vivant et du non vivant, j’observe les bouleversements du monde, ce qui lie les événements et les éléments, les espaces vacants, la cohabitation des états et leur puissance d’énonciation dans « l’ici et maintenant ».

J’élabore ainsi pas à pas des représentations qui bouclent sur elles-même et entre elles et où le vide est palpable. Elles posent la question de la projection de soi dans un « exister » temporaire, devenu multiple, subjectif, équivoque, et d’autant plus vital qu’il est plus ou moins déréalisé. Fortement reliés à l’in situ, elles se développent en osmose avec le lieu dans lequel elles s’inscrivent, l’envahissent, l’interprètent et l’exploitent. Le visiteur, quant à lui, se trouve projeté au coeur de ces « shakers » spéculatifs et instables, ces narrations en apnée, sans début ni fin, qui s’effritent, se délitent et se reconstituent sans cesse. Elles le confrontent à sa propre subjectivité, à faire l’expérience de la puissance des positions et de la fragilité de sa condition et affirment que l’impureté, la métamorphose, est la condition du vivant et le temporaire la seule forme de représentation possible du réel.
 

L.D / 2022